Biographie

" Valentin GANEV,  je l’ai rencontré au bord de la mer Noire, c’était à Bourgas, avant la chute du Mur. Une première rencontre, comme celle avec la Bulgarie. Si je veux y retourner, c’est parce que le mélange et la diversité de races, de cultures, de religions, de défilés dans les rues de têtes et de costumes m’ont ébloui.

Si je me rappelle cette expérience, en parlant de l’œuvre de Valentin GANEV, c’est parce que la réalité, révélée et cachée dans ses tableaux ne se comprend que quand on  se souvient de la Bulgarie. Toutes les cultures d’autour de la Mer Noire contribuaient au climat artistique de ce pays. Les Grecs y étaient presque chez eux, et le plus stimulant de leurs dieux sort d’ici. Un paysage sans âge, hanté par des souvenirs, turcs et autres et par des présences fascinantes : celle des gitans.

On comprend que dans le monde de Valentin GANEV  le réel et l’irréel ne se distinguent pas. Le réel est abstrait, parce qu’enveloppé par un irréel ; tout est irréel parce que né d’une imagination, nourrie par un passé, démentiel par sa richesse.

Un peintre incomparable, dans le sens le plus strict du mot, un peintre d’ailleurs. Et autre. "

 

CHARLES WENTINCK 

Sociétaire del’association internationale des Critiques d'Arts

                                                                               

                           

            La rencontre de l’artiste Valentin GANEV avec  Charles WENTINCK, un des plus éminents et estimés critiques d’art européen, se passait dans une autre vie, celle qu’avait l’artiste en Bulgarie, son pays natal. Une vie pas du tout idéale mais riche et nourrissante dans laquelle le futur artiste a su saisir les opportunités qu’elle lui proposait : faire des études très sérieuses, très enrichissantes au niveau artistique au lycée des Beaux-Arts de la ville de Kazanlak, apprendre deux langues étrangères qui lui serviront plus tard, passer deux longues années à l’armée en y créant des amitiés pour la vie, vivre les quatre années les plus folles, les plus riches, les plus importantes pour la suite de sa vie artistique, intellectuelle, affective, à la Faculté des Beaux-Arts à Véliko Tarnovo forgeant des liens forts et à vie tant au niveau professionnel qu’au niveau amical.

            La vie se poursuit à deux, très vite à trois et puis à quatre à Bourgas, la ville dans laquelle à cette époque, le début des années 1980, travaillait un  grand nombre de graveurs et peintres de renommé nationale et internationale. Le jeune couple n’avait pas fait le choix de cette ville par hasard. Depuis les années 1970 c’était une ville d’une vie bouillonnante, une ville ouverte dans le sens le plus large du terme qui tolérait et incitait une expression artistique libre, moins ou pas conventionnelle, un centre de la vie culturelle du pays, une ville avec des théâtres, opéra, centres culturels, une ville qui concentrait quatre lycées de langues étrangères dans lesquels se côtoyaient des professeurs de nationalités différentes et dont les élèves apprenant les littératures étrangères respiraient la liberté et la diversité,  des écoles supérieures qui accueillaient des étudiants du monde entier ; un grand port et des marins à tous les coins des rues et une vie touristique permettaient des échanges humains, artistiques et  intellectuels.

            D’un autre côté, envers les nouveaux-venus la ville était inhospitalière. L’accueil n’était pas chaleureux et l’on avait du mal à se faire une place. C’était une bonne école pour une future vie d’étranger en France. Il y a des personnes qui souffrent,  se révoltent, se lamentent devant chaque difficulté, petite ou grande, devant la vie en général. Ce n’est pas le cas de Valentin GANEV. Le choix de  vie qu’il avait depuis longtemps fait : être et vivre comme artiste, supposait plus de combats que de victoires, plus de travail que de résultats, plus de sacrifices que d’honneur, plus de difficultés que d’opportunités, plus de recherches que de découvertes, plus d’essais que de trouvailles, plus d’investissement que de bénéfices et beaucoup, beaucoup de travail : bref une route longue et sans aucune assurance concernant le succès, la gloire ou la richesse. Son choix est devenu celui d’un couple et plus tard celui d’une famille qui lui a fourni tout son soutien. Ce soutien si important, si précieux et inconditionnel qui donne de l’énergie et du courage.

            Les années vécues à Bourgas dans son climat artistique étaient difficiles mais édifiantes et riches d’amitiés. C’est la ville où ont grandi ses filles, où l’artiste a réalisé ses premières expositions personnelles, la ville dans laquelle il a contribué à la création de ce qui est devenu la filière artistique dans le plus grand lycée de Bourgas. Plus tard, dans les années troubles après le chute du Mur et les changements en Bulgarie, beaucoup de ses collègues artistes avaient et ont toujours comme seul revenue le salaire de professeur dans ce lycée. Beaucoup avaient oublié le mépris qui était le leur envers le travail pédagogique des artistes.

            En parlant de la vie professionnelle de Valentin GANEV il faut souligner son attachement envers ce qu’il considère comme une responsabilité : la transmission. Il la conçoit de deux manières: à travers ses créations et à travers l’enseignement et l’éducation artistiques. Les deux ont toujours été liés et lui apportent une vraie satisfaction. L’enseignement est un engagement très ingrat, encore plus pour les artistes car les fausses idées de la société à leur sujet font qu’on les regarde avec méfiance, leurs prêtant à priori peu de sérieux, manque de pédagogie et de compétences. Un artiste et encore plus d’origine étrangère, doit prouver sans cesse ses compétences, il est toujours en proie à un inspecteur de l’Education Nationale ou un administrateur et cela malgré les compétences acquises pendant les années d’études pédagogiques sanctionnées par des diplômes et concours nationaux, malgré l’expérience et les résultats obtenus. Il faut une forte conviction dans ses propres idées pour poursuivre cette route. Il la puise dans la lueur des yeux et le plaisirs de ses élèves petits et grands. Il la puise également dans les succès et le parcours réussi de ses anciens élèves qui a leur tour entament un parcours créatif : lorsqu’il les rencontre lors de leurs séjours à la Cité Internationale des Arts à Paris, à ses vernissages ou pour certains à leurs propres vernissages.

            Peu de temps avant la chute du Mur de Berlin une rencontre devait marquer la vie de l’artiste ainsi que celle de sa famille. En 1987, à la Biennale Internationale de la gravure de Varna, Valentin GANEV fait connaissance avec le collectionneur français Georges HECKLY. Une relation privilégiée se crée grâce aux gravures de l’artiste. Elle se poursuit lors des éditions suivantes de la même Biennale avec notamment une invitation pour l’artiste et son épouse de visiter Paris. Cette première visite a lieu quelques mois après la chute du mur. Une deuxième suit cette fois pour répondre à une commande. La visite suivante en 1992 cette fois en famille poursuit la relation entre le collectionneur et l’artiste et donne une nouvelle orientation à sa vie. Des expositions dans des galeries parisiennes s’organisent ainsi que des commandes. La décision de s’installer à Paris s’impose aussi bien dans l’intérêt des deux filles poursuivant des études brillantes que de l’artiste trouvant de nouvelles possibilités de travail pictural et pédagogique. Malgré les difficultés des premières années après l’installation en France, Valentin GANEV poursuit son travail dans ses domaines préférés : gravures sur métal, gravures rehaussées, dessin, monotypes, peinture sur toile : huile, acrylique, œuvres sur papier: pastels, aquarelles, techniques mixtes. Il cherche, innove, renouvelle les formats et les techniques. Les expositions se succèdent : dans des galeries, des salons et des foires d’art, des biennales, des lieux publics et privés aussi bien en France qu’à l’étranger. L’artiste présente régulièrement ses œuvres récentes dans des galeries en Bulgarie ne perdant pas le contact avec son pays d’origine. En 2011 pour ses trente années de carrière artistique Valentin GANEV a présenté ses œuvres  dans la ville d’Evry où il vit et travaille actuellement, à Paris et en Bulgarie dans la ville de Bourgas et celle de Sofia. Actuellement il prépare une autre série d’expositions pour 2016/17 et présente ses œuvres récentes dans son atelier.

            Les œuvres de Valentin GANEV font partie de collections privées et publiques en Bulgarie et en France (comme la collection de la Galerie Nationale des Beaux-Arts de Bulgarie ou la Bibliothèque Nationale de France, la Galerie régionale de Bourgas et d’autres en  Bulgarie…) mais aussi en Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Etats Unis, Japon, Jamaïque, Pays Bas, Russie…